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Autisme et vélo

- Julie BOUCHONVILLE

Autisme et vélo

Une personne autiste peut-elle apprendre à faire du vélo ?

Oui, probablement. Merci d’être venu à mon TedTalk.

 

Vélo et dyspraxie

Plus sérieusement : cela dépend. D’abord de l’âge de la personne ; il est courant pour nous autres autistes d’atteindre des étapes de développement un peu plus tard que les non-autistes, ça ne veut pas dire qu’on ne les atteindra jamais. De sa capacité à apprendre dans l’ensemble, et ensuite bien sûr de sa coordination et donc, si elle est dyspraxique en plus d’être autiste.

Pour rappel, la dyspraxie[1] est une comorbidité très courante de l’autisme et elle se caractérise par une difficulté à percevoir l’espace et comment notre corps y évolue. Les personnes dyspraxiques sont souvent mauvaises en géométrie, ont du mal à lire une carte ou à s’orienter dans l’absolu, et donnent une impression générale de maladresse (démarche un peu bizarre, difficultés à manier des objets avec finesse, articulation parfois pas terrible, etc).

Cela peut bien sûr nuire à l’apprentissage du vélo, même s’il ne faut pas baisser les bras d’avance : la personne peut être capable d’apprendre en s’accrochant, même s’il lui faut un peu plus de temps.

 

Quelles adaptations mettre en place ?

D’abord, que mon lecteur désire apprendre le vélo ou qu’il soit l’entourage de la personne qui apprend, le plus important est de lâcher les attentes que l’on peut avoir. Oui, certaines personnes apprennent à faire du vélo très jeunes et sont aussi à l’aise sur deux roues que sur leurs deux pieds. Tant mieux pour elles. Peut-être que ce sera le cas de la personne autiste, peut-être pas, mais dans tous les cas si on a en tête une idée très précise de comment tout doit se dérouler (et souvent cette idée implique que tout se passe merveilleusement bien), on risque d’être déçu.

Donc on lâche ses attentes et on limite la pression. Le but est d’essayer d’apprendre. Peut-être que ça ne fonctionnera pas. Ce n’est pas grave : des tas de gens ne font jamais de vélo et le vivent bien.
De même, si on fait partie de l’entourage de la personne, l’encourager est une très bonne idée - « Je suis sûr que tu peux y arriver, tu es très déterminée ! » - mais la forcer ou ignorer son ressenti est en revanche absolument déconseillé - « Mais si, allez, remonte, ça ne sert à rien de pleurer, essaye encore, pour me faire plaisir ! ».

 

Je déconseille l’utilisation des « petites roues ». Un jeune enfant peut commencer avec une draisienne (un vélo sans pédale) pour s’habituer à la sensation de maintenir le vélo en équilibre, ce qui est le plus délicat, et trouver des roues stabilisatrices pour un adulte est particulièrement difficile de toute façon. Il me semble plus pertinent de commencer par un vélo à deux roues, quitte à se tourner vers des alternatives si vraiment cela ne prend pas.

Trouvez un vélo confortable d’utilisation : les vélos en libre-service pèsent en général très, très lourd et ne sont donc pas très pratiques. Si on répugne à acheter un vélo qui ne servira peut-être jamais, ce qui est compréhensible, il est sans doute possible d’en louer un auprès d’une boutique proposant ce service aux touristes, par exemple.

Choisissez un vélo dont la taille est adaptée à la personne : souvent cela se calcule en mesurant la distance entre le sol et l’entrejambe. Je conseille de se tourner vers un cadre « col de cygne » comme en ont souvent les vélos de ville et les vélos dits « hollandais » : cela permet d’enfourcher le vélo avec plus d’aisance.

Baissez la selle de manière à ce que la personne puisse se tenir avec les deux pieds à plat au sol et les fesses sur la selle. (Pour une utilisation quotidienne on règle la selle plus haut afin que le pédalage soit plus confortable, mais cela implique d’être déjà un peu à l’aise).

Equipez-vous également d’un casque pour la personne qui apprend : même à très faible vitesse, on peut se cogner la tête, et un casque aide à se sentir protégé. (Sauf si la personne ne supporte pas d’avoir quoi que ce soit sur la tête et que le casque est une distraction, bien sûr.)

 

Trouvez un terrain d’entraînement : un endroit vaste, où le sol est à peu près plat, sans voiture, et le moins distrayant possible : s’il y a beaucoup de passage, d’autres personnes qui font du vélo, des chiens qui jouent etc, ce sera d’autant plus difficile.

Enfin, évaluez honnêtement l’état émotionnel de la personne qui apprend : c’est normal d’être nerveux avant de se livrer à une activité où on peut tomber, mais si la personne est très fatiguée, anxieuse, a passé une mauvaise journée, etc, ce n’est pas la peine. Vous voulez mettre toutes les chances de succès de votre côté.

 

Par quoi commencer ?

Il existe plusieurs méthodes, et plutôt que de les expliquer péniblement à mon lecteur par écrit, je suggère de se tourner vers une vidéo qui sera plus compréhensible. En très gros, je pense que l’idéal est d’abord d’apprendre à avancer en posant les pieds au sol (en marchant, donc, mais assis sur le vélo), puis en donnant des impulsions un peu plus fortes qui impliquent de petits instants d’équilibre. Dès que la personne sait à peu près avancer, il faut lui apprendre à freiner et à s’arrêter. Une fois que cela est maîtrisé, on peut commencer à parler des pédales.
Il n’est pas obligatoire de faire toutes ces étapes le même jour ! Le plus important est de continuer à considérer le vélo comme quelque chose d’amusant. Si la personne sature, si elle aimerait faire une pause, même si elle n’a fait que toucher le vélo ou se tenir debout à côté, c’est déjà un bon début et il faut respecter son rythme.

 

Attention : si la personne, au fil des séances, apprend et finit par bien s’en sortir, seule la moitié du chemin est parcourue. En effet, il serait extraordinairement dangereux de la lâcher sur la voie publique (y compris sur les trottoirs) sans lui apprendre un minimum de code de la route. Une personne qui sait physiquement faire du vélo mais n’a pas la compréhension nécessaire pour lire la circulation routière ne peut en aucun cas se déplacer sur la voie publique. Un accident est trop vite arrivé.

 

J’ai essayé, essayé, essayé encore… et toujours rien

Des tas de gens vivent très bien sans avoir jamais appris à faire du vélo ou sans être assez à l’aise sur une bicyclette pour la considérer comme un mode de déplacement acceptable. Peu importe. J’encourage mon lecteur à ne pas trop se lamenter, qu’il soit l’apprenant ou son proche, et à passer à autre chose.

Il existe des vélos à trois roues pour les adultes, qui ne sont pas extraordinairement maniables mais nécessitent moins d’équilibre qu’un deux-roues. Il existe aussi des tas d’autres modes de déplacement sympas et pratiques.

Enfin, peut-être est-ce simplement le timing qui n’est pas bon : comme dit en début d’article, nous autres autistes avons souvent besoin d’un peu plus de temps pour acquérir des compétences. Moi-même n’ai appris à faire du vélo qu’à vingt ans passés, et une longue période sans pratique a nécessité une nouvelle phase d’apprentissage pour retrouver de l’aisance lorsque j’ai voulu m’y remettre[2].

Il est possible que la patience soit le seul ingrédient manquant, donc, mais j’insiste : enfant comme adulte, on peut être heureux sans faire de vélo.

 

 N'hésitez pas à visiter notre boutique en ligne !

 

[1]https://bienetreautiste.com/blogs/infos/dyspraxie-le-drame-des-mains-en-carton

[2]En temps que personne dyspraxique et n’ayant au final que peu d’heures de vélo derrière moi par comparaison avec quelqu’un qui aurait appris enfant, bien que tous mes déplacements quotidiens se fassent en bicyclette, je sais rouler mais n’aurai sans doute jamais certains automatismes, et manque totalement de grâce.


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