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Autisme, sexe et relations amoureuses

- Julie BOUCHONVILLE

Autisme, sexe et relations amoureuses

Un titre croustillant pour un sujet épineux. Une personne autiste peut-elle avoir une vie romantique et sexuelle épanouie ? Une personne autiste en a-t-elle seulement envie ? A-t-on la moindre chance de jamais obtenir un rencard quand on a du mal à regarder les gens dans les yeux ?

Tour d’horizon.

 

Ce que veulent les autistes

La même chose que les non-autistes. Ca dépend. Une famille avec plein d’enfants. Epater les filles (ou les garçons). Vivre dans un château avec leurs six plus proches amis. Enchaîner les conquêtes. Ne surtout pas enchaîner les conquêtes.

 

Au risque d’enfoncer une porte ouverte, les autistes sont tous différents. Nous avons des orientations amoureuses et sexuelles différentes, des désirs différents, des objectifs différents. Le seul point commun est que nous voulons nous épanouir et être heureux, et pour chacun d’entre nous cela correspondra à une situation plus ou moins précise.

Avons-nous une chance, en tant qu’autistes, d’atteindre cette situation ?

Résolument, oui.

 

L’ado autiste un peu naze

Ah, avoir dix-sept ans. Des hormones sur le pied de guerre. La réalisation que ça pourrait peut-être commencer à être le bon moment pour proposer des rencards à d’autres individus du même âge. La deuxième réalisation, que 1) on n’a aucune idée de comment faire ça au juste et 2) on ne sait même pas si un des individus du même âge serait intéressé ou intéressant dans ce contexte.

Que mon lecteur soit lui-même une jeune personne autiste ou l’adulte de référence d’une jeune personne, rappelons une vérité : avoir dix-sept est abject pour tout le monde. Ceux qui ont aimé leurs dix-sept ans mentent, s’en rappellent mal, ou font partie d’une sorte de minorité magique que tous les autres détestent.

Qu’il s’inquiète pour lui-même ou pour son proche autiste, mon lecteur peut se dire quelque chose comme « entre la dégaine, les aptitudes sociales et une passion sans limite pour les chevaux, la possibilité de jamais convaincre quiconque d’aller voir un film ou boire un verre est proche du zéro absolu ». C’est humain, c’est normal. Mais que tout le monde se détende. Personne n’est suave à ce genre d’âge, et il n’y a pas le moindre mal à ne pas avoir de relation amoureuse avant ses vingt ans. (Ou ses trente. Ou ses quarante. En fait tout le monde s’en fout de l’âge auquel les gens se sentent prêts ou non à avoir des relations amoureuses avec les autres. Ceux qui jugent sont l’équivalent humain du liquide bizarre qu’on trouve parfois au fond des poubelles.)

Et oui, une personne autiste sera souvent encore plus maladroite que ses pairs à l’adolescence. Il se peut aussi qu’elle ne soit entourée que de sales gosses infréquentables avec qui elle n’a rien en commun. C’est gênant, mais ce n’est pas grave. Les humains vivent longtemps. A dix-sept ans, on a encore tout le temps devant soi pour apprendre à parler aux autres et rencontrer des gens cool qui, eux aussi, aiment les chevaux[1].

 

Où rencontrer des gens quand on est autiste ?

C’est la question que tout le monde, et pas que les autistes, se pose. Les sites de rencontre sont une option, et pas mauvaise en soi, mais ils excluent la possibilité de devenir ami avec une personne avant d’envisager une relation amoureuse avec elle. Ce n’est pas forcément rédhibitoire, cela dit. Ils nécessitent aussi un certain discernement vis-à-vis des personnes avec qui l’on parle : certains individus sont des chercheurs d’or ou ne sont là que pour avoir des relations sexuelles. Il est important de le comprendre et de voir si cela est cohérent avec les attentes de mon lecteur.

 

Tenter de nouer des amitiés et potentiellement des relations amoureuses avec ses collègues me semble toujours un peu risqué : si cela finit mal, l’ambiance au boulot peut être impactée, et les hiérarchies peuvent empêcher d’avoir des relations d’égal à égal.

 

Rencontrer des gens dans le cadre de centres d’intérêt communs est à mon sens la meilleure option. Que ce soit un cours, une boutique où l’on joue aux cartes, un groupe facebook, une salle de sport, le discord d’un groupe de gamers, .. Tout est possible. Déjà, on sait qu’on a au moins une passion en commun, et plusieurs sujets de conversation sont tout trouvés.

Une mise en garde ceci dit : s’il est bien vu dans ces contextes de sympathiser et de nouer des liens, il est important de ne pas donner l’impression que l’on est en train de « faire son shopping » d’un partenaire potentiel. Cela implique d’apprendre à connaître les gens avant de proposer à quiconque un rendez-vous ou quelque chose de similaire, et également d’être gracieux en cas de refus. Vouloir rencontrer des gens est louable, mais il ne faut pas donner à ces gens l’impression qu’ils sont des objets que l’on examine afin de décider lequel on ramènera chez soi.

 

De quoi se méfier quand on est autiste ?

Les autistes sont plus susceptibles que les neurotypiques d’être victimes d’abus. Nous sommes perçus comme plus vulnérables, donc plus attirants pour les personnes mal intentionnées, et nous sommes moins doués pour identifier les signes avant-coureurs.

Il est de la plus haute importance que les personnes autistes, quel que soit leur âge et leur genre, soit informées au sujet des notions de consentement, de ce qui constitue une relation saine, et des recours qui sont à leur disposition en cas de problème.

 

Je le rappelle ici brièvement en quelques mots : le consentement est nécessaire dans toutes les étapes d’une relation. Une personne n’a jamais à accepter de faire avec son corps une chose qui ne lui fait pas envie, que ce soit tenir la main d’un tiers, l’embrasser, avoir une relation sexuelle, ou quoi que ce soit d‘autre.

Une personne a le droit de changer d’avis au milieu d’une activité (« Je voulais bien qu’on se donne la main mais désormais je n’en ai plus envie »), elle a le droit d’être précise dans ce qu’elle accepte et refuse (« j’accepte qu’on s’embrasse sur les lèvres mais je refuse qu’on embrasse mon cou »), et rien ne justifie jamais qu’on la fasse se sentir mal, qu’on lui mette la pression pour qu’elle accepte quelque chose, ou qu’on la traite avec rien de moins que toute la dignité qu’elle mérite.

 

Une relation saine est une relation dans laquelle tout le monde se sent bien l’écrasante majorité du temps. Une relation dans laquelle un partenaire doit faire attention à tout ce qu’il dit ou fait, dans laquelle l’un des deux a l’emprise sur l’autre, dans laquelle un partenaire se retrouve souvent à pleurer ou à se sentir malheureux, n’est pas saine. Elle peut s’améliorer, par exemple avec l’aide d’un professionnel, ou on peut aussi choisir de l’achever, mais une relation malsaine ne doit pas être laissée en l’état.

Une personne autiste n’a pas moins de valeur qu’une autre et ne devrait jamais avoir l’impression qu’elle doit se contenter d’une relation imparfaite parce qu’elle ne trouvera sans doute pas mieux. Dans tous les cas, il est important de pouvoir parler du moindre doute qu’on aurait sur une relation, même ses aspects les plus intimes. Cela peut être à un proche, cela peut être à un professionnel comme un psychologue, peu importe : si quelque chose semble bizarre ou déplaisant, en parler est toujours la bonne solution.

 

L’inquiétude des parents de personnes autistes

Elle est double. D’abord, elle concerne la survenue de comportements romantiques et sexuels considérés comme « normaux » : tout parent espère que son enfant pourra être heureux et épanoui, et pour beaucoup d’humains, cela passe par des relations proches avec d’autres personnes. La jeune personne autiste y parviendra-t-elle un jour ?

Ensuite, cette inquiétude concerne tout ce qui peut aller de travers dans une relation : le chagrin lié aux déconvenues, les abus, etc. Pas besoin d’être autiste pour être confronté à de la cruauté ordinaire, mais être assez peu doué pour repérer les prédateurs améliore les chances, comme on le disait plus haut.

Pour lutter contre cela, il n’y a qu’une seule arme : l’information. On le sait, les conversations sur les relations amoureuses et le sexe sont malaisantes, potentiellement encore plus face à une personne qui filtre peu les questions lui venant à l’esprit. Non, les parents n’ont pas eu toutes les expériences du monde et ne peuvent donc pas répondre à tout. Il est néanmoins crucial qu’ils fassent de leur mieux pour instiller à leur jeune autiste un sens de ce qui est normal et de ce qui ne l’est pas. Le but du jeu est qu’à terme, la personne autiste ait conscience de sa valeur propre, sache qu’elle mérite d’être bien traitée, ainsi que ce que constitue « être bien traité », et connaisse les situations qui peuvent déraper et les gestes préventifs.

C’est d’autant plus vrais pour les femmes, a fortiori si elles sont trans, et les personnes LGBTQA+ au sens large : ces catégories de personnes ont une plus forte probabilité d’être victimes d’agressions sexuelles ou motivées par la haine.

 

L’éducation sexuelle et affective commence techniquement dès le plus jeune âge d’une personne (le nom des parties du corps et des concepts tels que « on n’a pas le droit de forcer les gens à nous faire un câlin », par exemple, rentrent dans cette catégorie), mais des conseils donnés dans le but spécifique de pouvoir naviguer des situations de séduction et ce qui peut en découler doivent être donnés bien avant que la personne ne puisse être sexuellement active. Difficile de donner un âge précis parce que tout le monde se développe à son propre rythme, mais il vaut vraiment mieux viser trop tôt que trop tard.

Note : il peut être utile de proposer à une personne adolescente d’obtenir un complément d’informations auprès de son médecin ou d’un autre adulte de confiance, ce qui peut lui épargner de la gêne. Il n’est déjà pas aisé de parler de sexe, c’est parfois pire avec ses parents.

 

La personne autiste sait

Enfin, il est important d’écouter la personne autiste, qui sait mieux que les autres ce qu’elle veut. Quelqu’un qui affirmerait ne pas être intéressé par les relations amoureuses, ou par les relations sexuelles, ne doit pas être poussé à coups de « une jolie fille comme toi ?! » ou « Tu changeras d’avis bien assez tôt ». Bien sûr, on ne sait jamais de quoi l’avenir est fait, mais quand quelqu’un annonce qu’à l’instant T, tel mode de fonctionnement a sa préférence, il est important de le respecter.

A l’inverse, quelqu’un qui affirmerait être très désireux d’avoir des relations doit aussi être écouté, même si ces relations peuvent paraître bizarres aux yeux de l’entourage de cette personne. (Que ce soit une orientation sexuelle ou affective, une pratique en particulier, etc.)

Evitons absolument de tomber dans les deux extrêmes possibles : l’infantilisation via la désexualisation, et au contraire l’enfermement dans un carcan de pratiques jugées « normales » et donc désirables à tout prix comme une sorte de preuve que la personne est normale elle aussi.

 

Conclusion

Une personne autiste peut-elle, donc, avoir une vie amoureuse épanouie ? Absolument. Ce n’est pas toujours facile, mais les relations amoureuses ne sont faciles pour personne, aussi je suppose que cela relativise.

 

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[1]Ou les dinosaures, les Pokémons, les dictateurs ou les bateaux à vapeur.


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