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Jukebox hero

- Julie BOUCHONVILLE

Jukebox hero

Mon lecteur le sait il ? Certains autistes et autres neurodivergents possèdent un super-pouvoir peu discuté : j’ai nommé le jukebox mental. De quoi s’agit-il ? A quoi sert il ? Est-ce un de ces trucs que tout le monde a et que les neurodivergents se sont appropriés comme des monstres ?

Enquêtons.

 

Le jukebox

Pour faire simple, c’est un fond sonore musical qui accompagne tous les moments ou presque d’une personne neurodivergente. Il semblerait[1] que ce soit surtout lié au trouble de l’attention et/ou à l’autisme. Ce fond sonore peut être à l’avant-plan ou à l’arrière-plan de l’esprit, cela peut être un morceau entier ou juste quelques mesures, et les morceaux sont susceptibles de transitionner l’un dans l’autre – en général, ce dernier point semble basé sur des similitudes de rythme ou de mélodie entre deux morceaux.

Enfin, on note que les personnes ont en général en tête des morceaux qu’ils connaissent, ce qui peut paraître une évidence mais qui implique que d’une plus grande éducation musicale découlera une plus large diversité des morceaux « diffusés ».

 

Les neurodivergents ne sont pas les seuls à bénéficier d’un jukebox mental, mais il semblerait que ce soit plus courant. Les neurotypiques sont plus susceptibles de ne vivre le phénomène qu’occasionnellement : c’est le fameux syndrome de la chanson coincée dans la tête. Il est admis que le remède à cette situation soit d’écouter attentivement la chanson en entier. Pour ceux qui n’ont pas de jukebox mental, cela suffit à la faire partir, mais pour ceux qui en ont un, cela n’a que peu d’impact : l’idéal est plutôt d’écouter une autre chanson pour chasser la précédente, et espérer ainsi démarrer une playlist différente.

 

A quoi est-ce que ça sert ?

A rien. Les artistes compositeurs peuvent en bénéficier, dans la mesure où leur jukebox mental peut leur proposer des créations originales, mais à part eux, ce n’est utile pour personne[2].

Cela ne veut pas dire que c’est une plaie pour autant : les témoignages que j’ai pu rassembler, qu’ils soient spontanés ou fournis à ma demande, suggéraient que le jukebox mental est parfois agaçant, mais dans l’ensemble bien vécu. Comme tout le monde, avoir l’esprit coincé sur un morceau qu’elles n’apprécient que peu est perçu comme pénible par les personnes concernées, et certaines mentionnaient qu’elles aimeraient parfois un peu plus de calme à l’intérieur de leur propre tête.

Néanmoins, la plupart de ces gens semblaient accepter que c’était l’un des traits de leur psyché, quelque chose sur lequel ils ne pouvaient pas agir et qui le plus souvent était amusant ou neutre. Certains mentionnaient se servir de leur jukebox soit pour analyser leur propre état émotionnel[3], l’énergie générale des morceaux ayant tendance à être cohérente avec leur humeur[4], soit pour l’expliquer plus aisément à leurs proches. Dans ce dernier cas, plutôt que d’expliquer toute la complexité d’une ou plusieurs émotions, ils se contentaient de fournir le titre du morceau. Une personne en particulier mentionnait ne même pas chercher à expliquer mais laissait juste ses proches interpréter le morceau qu’elle leur mentionnait, partant du principe que même s’ils ne tombaient pas juste, ils ne seraient pas complètement à côté de la plaque non plus[5].

 

Que faut-il ne pas faire face à quelqu’un qui a un jukebox mental ?

 

1) Se fâcher si la personne chantonne beaucoup

Oui, quelqu’un qui ne la boucle pas pendant vingt minutes, c’est agaçant. Je travaille dans la petite enfance et suis bien placée pour l’affirmer. C’est d’autant plus difficile à supporter si la personne chantonne n’importe comment, et la même chanson en boucle.

Ceci dit, il y a d’autres méthodes pour résoudre le problème : demander à quelqu’un de chantonner plus doucement est une option, mettre soi-même des écouteurs ou un casque anti-bruit[6] en est une autre, et on peut aussi simplement quitter la pièce ou proposer à la personne qui chantonne d’écouter de la musique ensemble. Elle chantonnera peut-être toujours, mais au moins ce sera noyé dans la masse.

 

2) Demander quel morceau son jukebox est en train de jouer, ad nauseam

Si mon lecteur connaît une personne possédant ce système de fonctionnement, je ne doute pas que ladite personne sera ravie de lui dire ce que son cerveau a choisi comme ambiance sonore du moment. Néanmoins, j’encourage mon lecteur a ne pas en abuser et ne pas poser la question toutes les cinq minutes par pure curiosité. Les autistes ne sont pas des jouets.

 

3) Dire « Tout le monde a ça, sans doute parce qu’on est tous un peu autistes »

Non.

 

Mon lecteur vit-il avec un jukebox mental ? Connaît-il quelqu’un dont c’est le cas ? Aimerait-il partager une anecdote avec nous ? Nous le lirons avec plaisir !

 

 

[1]Et cet article contiendra beaucoup de conditionnel parce que, aussi étrange que cela puisse paraître, peu de gens parviennent à convaincre leur labo de débloquer des fonds pour étudier la question.

[2]J’encourage mon lecteur à me faire savoir si je me trompe.

[3]De nombreux autistes souffrent d’alexithymie, une difficulté à comprendre et identifier son propre état émotionnel (et celui des autres).

[4]Cette notion de cohérence ne se vérifie pas pour tout le monde.

[5]https://thesilentwaveblog.wordpress.com/2017/07/02/aspergers-autism-and-the-mental-jukebox/

[6]Les vents ont tourné sur ce coup-là, n’est-ce pas chers collègues neurotypiques ?


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