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L’illettrisme financier : pas pour nous

- Julie BOUCHONVILLE

L’illettrisme financier : pas pour nous

L’indépendance implique d’avoir une certaine notion de la gestion de ses finances personnelles. Pourtant, c’est un ensemble de connaissances qu’on transmet rarement aux jeunes autistes. Quelles sont les bases à connaître pour s’en sortir à peu près ?

 

Les revenus

La majorité des autistes en France n’ont pas d’emploi fixe et donc des revenus assez faibles, s’ils en ont tout court. Cela ne veut pas dire pour autant qu’ils n’ont pas besoin de comprendre les principes de base de la gestion d’un budget : plutôt l’inverse.

La première chose à faire pour prendre en main ses finances est donc d’avoir une vision claire de ce que l’on gagne chaque mois : salaire, argent de poche, aides potentielles, revenus de vente sur Vinted ou similaire, … tout cela doit être inclus. A combien est-ce que cela s’élève par an ? Combien d’heures de travail est-ce que cela représente ?

 

L’épargne

Sans entrer dans les détails des divers produits d’épargne et se mettre à comparer les vertus d’un placement par rapport à un autre, il est utile d’apprendre à épargner. Bien sûr, mon lecteur qui ne toucherait que l’AAH[1] se met à ce stade à me rire au nez : épargner pourquoi, acheter une maison avec un prêt sur 150 ans ?

Non, hélas, mais économiser un peu ne serait-ce que pour avoir de quoi tenir en cas de retard de payement ou s’il faut avancer des frais est toujours utile.

Il est aussi utile de prendre l’habitude d’économiser pour anticiper les gros achats : une console, un vélo, une voiture. Cela évite de passer par des prêts ou des crédits, qui sont en général une fausse bonne idée puisque plus chers sur le long terme.

 

La tenue d’un budget

Tenir un budget, c’est la seule manière de maîtriser ses finances personnelles. Cela implique de savoir ce que l’on gagne et de tenir le compte de chacune de ses dépenses mensuelles. En général on crée des catégories de dépense (alimentaire, loyer, loisirs, santé, …) et on attribue une somme maximale mensuelle à chacune de ces catégories, en s’assurant bien sûr que la somme totale est inférieure ou égale à nos revenus mensuels. C’est fastidieux et un peu agaçant, mais il est important de savoir le faire.

 

Les assurances

Toutes ne sont pas utiles, mais certaines peuvent servir. Comment faire la différence entre un service qui amène une vraie valeur ajoutée, comme une mutuelle complémentaire, et quelque chose qui semble pratique sur le papier mais qui au quotidien serait surtout contraignant[2] ?

Il est important d’expliquer ces différences afin que la personne autiste ne se retrouve pas perdue face aux offres et, potentiellement, victime d’un courtier en assurance peu scrupuleux qui lui fera souscrire tout ce qui lui passera sous la main.

 

La notion de crédit et d’intérêt

Est-ce qu’un crédit peut s’avérer utile ? Absolument. Est-ce que cela peut se révéler terriblement dangereux et mettre une personne sous les ponts ? Tout aussi absolument. Il est important que les jeunes personnes aient conscience de ce qu’un crédit implique, et que les intérêts, selon leur taux, peuvent conduire à devoir rembourser des sommes bien plus élevées que l’emprunt initial.

 

La gestion de l’argent au sein du couple

Lorsque les deux membres d’un couple ont des revenus assez différents, il peut être tentant de faire de mauvais choix, comme par exemple de n’avoir qu’un seul nom pour l’achat d’une voiture ou d’un bien immobilier. De payer chacun « des trucs » sans vraie vision d’ensemble de qui finance quoi. De personnaliser le taux d’imposition plutôt que de l’individualiser[3]. Il est important d’apprendre à une jeune personne autiste, plus susceptible d’avoir des revenus faibles, qu’elle doit le plus possible participer aux achats qui sont des investissements, afin qu’en cas de problème elle puisse récupérer une partie de son budget.

L’aspect administratif

Gérer ses finances personnelles, c’est aussi savoir réagir face à des factures, mettre en place des paiements automatiques, ne pas faire de crise de panique quand on doit déclarer ses revenus[4], et comprendre comment ouvrir ou fermer un compte, entre autres choses. Ces étapes peuvent sembler très fastidieuses et angoissantes, mais justement : d’en parler permet de dédramatiser et de montrer à la personne que ce n’est, au fond, que de la paperasse. C’est ennuyeux pour tout le monde, mais en s’y plongeant, on en vient en général à bout. (Et au pire l’incompétence des administrations fait toujours de bonnes anecdotes[5].)

 

Conclusion

Ce n’est pas que les jeunes autistes qui sont peut éduqués à la finance : le problème impacte un peu tout le monde, sans doute parce que parler d’argent reste tabou, et peut-être aussi parce que les adultes de référence ne sont pas tellement plus informés. C’est toutefois l’une des clefs de l’indépendance, et j’encourage mon lecteur à la donner à autant de jeunes personnes que possible – et à lui-même aussi, tant qu’il y est.

On peut d’ailleurs commencer à tous les âges : dès qu’un enfant a les notions de math suffisantes pour comprendre, on peut commencer à lui parler de toutes ces notions.

Enfin, que mon lecteur sache qu’il est tout à fait possible de faire appel à un conseiller financier indépendant si l’on n’a pas envie de travailler avec celui de sa banque, par exemple. Bien sûr il faut le payer, mais s’il fait bien son job, on n’aura pas besoin de le voir cinquante fois non plus.

 

Pour aller plus loin

Le podcast « Rends l’argent », qui aborde la notion des finances au sein du couple.

Le podcast « Richissime » (ancien nom : « Budget Chéri »), qui parle de gestion de budget.

Le livre « Ca coûte cher, être un adulte » de Béatrice Poulin, à destination des adolescents/jeunes adultes. (NB : l’auteur étant québécoise, certains mots sont parfois inconnus pour un lecteur français et certaines situations concernent plus le Canada que la France, mais dans l’ensemble c’est pas mal du tout.)

 

Attention, de nombreux livres sur le thème de la finance personnelle sont en fait soit des mémoires, soit des guides de développement personnel encourageant leurs lecteurs à grandir spirituellement. Tout cela n’est pas mal en soi, mais mon lecteur qui serait en recherche de réponses à des questions très pratiques telles que « vaut-il mieux épargner 10 ou 20 % de mes revenus mensuels ? » ou « Est-ce que 2 %, c’est beaucoup comme taux d’intérêt ? » se retrouverait le bec dans l’eau. 

 

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[1]Allocation adulte handicapé, une somme attribuée par la CAF connue pour être trop faible.

[2]Une assurance obsèques pour quelqu’un qui a la vingtaine, par exemple.

[3]Les mots sont mal choisis : le taux personnalisé est basé sur les revenus de tout le foyer, le taux individualisé est différent pour chaque personne et basé sur ses revenus à elle.

[4]Pleurer un peu ça va, tant qu’on y parvient à remplir la déclaration.

[5]Je vous ai raconté la fois où je voulais ouvrir un compte épargne et où mon conseiller en a déduit qu’il devait m’ouvrir un compte courant et envoyer la carte bleue à mon ancienne adresse où je n’habitais plus depuis deux ans ?


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