Est-ce que c’est vraiment l’autisme ? HPI et hypersensibilité - PARTIE 1

Geposted von Julie BOUCHONVILLE am

Est-ce que c’est vraiment l’autisme ? HPI et hypersensibilité - PARTIE 1

Parfois, on peut tellement se retrouver dans une description qu’elle remet en doute tout diagnostic posé avant elle. C’est d’autant plus vrai quand cette nouvelle étiquette nous paraît, pour une raison qui nous concerne, plus désirable ou plus acceptable que la précédente. Et parfois, un diagnostic qui explique la partie la plus voyante de nos comportements est préféré à un diagnostic plus complet mais plus difficile à accepter ou à poser.

Alors : autisme, hypersensibilité et HPI. Quelles différences ?

Dans l’article de cette semaine nous parlerons d’autisme et de HPI, et la semaine prochaine, nous aborderons l’hypersensibilité.

 

Autisme : un très bref rappel

Je n’insulterai pas mon lecteur fidèle en lui ré-expliquant depuis le début ce qu’est l’autisme. Néanmoins, un point pour les nouveaux qui viennent d’arriver :

- L’autisme est une neurotype, c’est à dire une manière de traiter le monde, un peu comme un système d’exploitation.

- Les personnes autistes diffèrent de celles qui ne le sont pas par trois grands axes. D’abord l’axe social, car nous avons du mal à entrer en connexion avec les non-autistes, à comprendre leurs intentions et à leur faire comprendre notre façon de penser.

- Puis l’axe sensoriel : nous avons besoin de prendre des actions pour nous réguler, ce qui implique parfois de nous stimuler et parfois de nous isoler. Nos sens sont plus affûtés, ce qui veut dire aussi que nous sommes plus facilement ennuyés par les stimulus sensoriels. Nous pouvons avoir des comportements répétitifs qui paraissent étranges pour quelqu’un qui ne serait pas au courant.

- Enfin l’axe des comportements privés, où nous entretenons des passions intenses pour des sujets parfois étranges, passions dans lesquelles nous pouvons nous perdre pendant de nombreuses heures et qui vont parfois définir toute notre vie.

- On peut être autiste avec n’importe quel niveau de quotient intellectuel[1].

 

Autisme et HPI

Le HPI, pour haut potentiel intellectuel, aussi appelé douance et tout un tas d’autres termes, fait référence aux personnes qui obtiennent un score élevé lors des tests de QI. Ces tests sont calibrés pour que la médiane se situe autour de 100 points. Plus on s’éloigne de cette valeur centrale, que ce soit vers le haut ou vers le bas, et moins il y a d’individus à atteindre ces scores. On considère qu’une personne est HPI à partir de 130 points environ. Il existe d’autres formes de haut potentiel qui peuvent aussi être mesurées, comme par exemple le haut potentiel émotionnel (avec une intelligence émotionnelle élevée) ou le haut potentiel créatif.

« Quel rapport avec l’autisme ? » se demande mon dévoué lecteur. Au premier abord, on pourrait confondre les deux profils. En effet, les HPI sont souvent des personnes empathiques, sensibles d’un point de vue émotionnel et/ou sensoriel, perfectionnistes, se sentant facilement stressées et réfléchissant par association d’idées[2]. Elles se sentent aussi souvent en décalage avec leurs pairs. Enfin, le HPI partage des comorbidités avec l’autisme, comme par exemple l’anxiété et le trouble de l’attention.

On voit comme les deux diagnostics paraissent perméables l’un vers l’autre, a fortiori parce qu’ils ne sont pas mutuellement exclusifs : on peut parfaitement être autiste et avoir un HPI, histoire de bien se prendre la tête[3].

 

Quelles différences, alors ?

D’abord, les personnes HPI n’ont pas le même rapport aux rituels et à la répétition que les personnes autistes. Si les rituels sont un élément apaisant que l’on retrouve dans de nombreuses régions du spectre neurodivergent, les autistes y sont incroyablement attachés, souffrent lorsque leurs rituels sont perturbés, et en sont en général assez dépendants. Les autistes sont également répétitifs dans leurs comportements : nous pratiquons l’écholalie, nous avons des gestes répétitifs pour nous auto-stimuler, nous aimons refaire plusieurs fois les mêmes activités, etc.

Ensuite, notre gestion des stimulus sensoriels n’est pas la même. Les autistes n’ont pas seulement des sens affûtés : si nous adorons certains stimulus et pouvons nous montrer totalement insensibles à d’autres, parfois certains nous sont intolérables au point de nous provoquer de la douleur physique ou des nausées/malaises[4].

Enfin, bien qu’une personne HPI puisse avoir du mal à entrer en relation avec ses pairs, le problème est en général plutôt lié à un manque de choses en commun qu’à une différence de neurotype[5]. Un enfant surdoué pourra, par exemple, sans trop de souci discuter d’un centre d’intérêt avec ses parents, là où un enfant autiste parviendra plus aisément à entrer en relation avec une autre personne autiste.

Et bien sûr, il existe des personnes autistes avec un QI inférieur à la médiane, ce qui est plus rare chez les personnes HPI.

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[1]Aussi appelé QI, c’est une forme de mesure de l’intelligence, de plus en plus décriée parce que très subjective.

[2]On appelle parfois cela de la pensée « en arborescence » mais je pense que c’est un peu trompeur. En général les gens pensent soit en accolant à une idée donnée une autre notion qui lui est proche, soit une autre notion qui a un lien cohérent avec la première mais qui y est connecté de manière beaucoup moins évidente. Ce second cas est ce qui concerne les HPI et les autistes (et plein d’autres personnes neurodivergentes).

[3]Et quand même toujours avoir un risque élevé de souffrir d’un trouble anxieux, d’un trouble de l’attention, et tout le bazar. Être neurodivergent, c’est vraiment la grosse éclate.

[4]A titre d’exemple, je suis personnellement incapable de toucher des cotons démaquillant ou quoi que ce soit ayant une texture comparable.

[5]Bien que, pour clarifier, les HPI soient eux aussi neurodivergents. Juste pas de la même manière que les autistes.

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  • “[…] un QI inférieur à la médiane, ce qui est plus rare chez les personnes HPI”
    Il n’y aurait pas un problème de définition du HPI, là ?

    Flore am

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