Qu’est-ce que l’hyposensibilité ?

Geposted von Martin Seo am

Qu’est-ce que l’hyposensibilité ?

On parle plus souvent du problème inverse, l’hypersensibilité, mais celui-ci n’en existe pas moins. De quoi s’agit-il et quel genre de comportements va-t-il engendrer ?

 

Définition

Si l’hypersensibilité se traduit par un état d’excitation cérébrale trop élevée, à la limite de la douleur, alors l’hyposensibilité est un état d’excitation cérébrale trop faible, une sorte d’ennui des sens. Les stimulus qui existent ne suffisent pas à déclencher une réaction, et ceux qui sont plus « extrêmes » sont activement recherchés par la personne. Notons au passage que l’hyposensibilité peut ne concerner qu’un seul sens ou plusieurs, et ne pas être présente en permanence : il est à vrai dire courant d’alterner avec un état neutre ou hypersensible[1].

 

Comment est-ce que cela se présente ?

Une personne traversant une phase hyposensible peut sembler ne pas remarquer un stimulus ou ne pas y prêter attention. Les autistes sont connus pour avoir une relation particulière avec la douleur, par exemple : certains sont au bout de leur vie après s’être coupés avec une enveloppe, d’autres peuvent marcher plusieurs jours sur un orteil fracturé sans rien remarquer de trop bizarre. Il en va de même pour tous les autres sens. Au-delà de l’absence de réaction à un stimulus, la personne va pouvoir montrer un intérêt élevé pour un stimulus intense : être attirée par les objets brillants, inspirer une odeur forte[2] avec avidité, caresser longuement une texture inhabituelle, etc.

 

Au sens plus large, une personne traversant un moment d’hyposensibilité va être plus susceptible de pratiquer de l’auto-stimulation, son cerveau étant à ce moment métaphoriquement en train de se tourner les pouces.

 

Est-ce gênant ?

Pas automatiquement, mais cela peut mener à des comportements dangereux. Une personne dont l’ouïe est hyposensible, par exemple, peut s’arrêter dans sa promenade quotidienne pour écouter avec intérêt le bruit des marteaux-piqueurs. Ce n’est pas dangereux en soi mais peut mener à des dégâts de l’audition si ce comportement est répété sur le long terme.

Un manque de réactivité aux stimulus peut aussi mener à des situations risquées : si quelqu’un ne remarque pas que la chaleur du soleil commence à faire « un peu beaucoup », il peut oublier de remettre de la crème solaire, ne pas avoir le réflexe de se mettre à l’ombre, et finir avec une brûlure superficielle ou une insolation. Dans un autre registre, ne pas remarquer qu’on a faim ou soif peut mener, après seulement une dizaine d’heures, à toutes sortes de symptômes déplaisants.

 

Que faire, dès lors ?

On ne pourra pas guérir l’hyposensibilité plus que son opposé, néanmoins il est possible d’adapter son comportement en fonction. Si mon lecteur sait qu’il a tendance à ignorer la soif, par exemple, il est pertinent d’utiliser une alarme ou une minuterie pour se rappeler de boire un peu d’eau. Quelqu’un qui serait tenté d’écouter de la musique à un volume trop élevé pourrait privilégier un dispositif émettant une notification lorsqu’un certain seuil est atteint[3].

De la même manière, un aidant qui saurait que son proche autiste n’a pas le même genre de sensibilité à la douleur que la plupart des gens pourrait insister pour qu’il aille, par exemple, montrer une ecchymose particulièrement menaçante à son médecin traitant.

 

L’hyposensibilité n’est pas un problème en elle-même, et peut parfois s’avérer utile – quiconque a déjà été coincé avec un bébé qui pleure sait que cela aurait été un don du ciel. Néanmoins, elle peut désactiver certains mécanismes de sauvegarde de notre intégrité physique, et pour cette raison, il est utile de s’assurer que nous compensons consciemment des choses qui se seraient faites de manière inconsciente.

 

Nos lecteurs sont-ils plutôt hyper ou hyposensibles ? Cela leur a-t-il déjà causé des problèmes ? Quelles stratégies ont-ils mis en place ? Nous attendons vos témoignages !

 

[1]Histoire de faire simple.

[2]Et pas forcément agréable.

[3]La plupart des smartphones, par exemple, préviennent l’utilisateur lorsque des écouteurs sont branchés et que le niveau sonore demandé est considéré comme dangereux.

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