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Comment surmonter le sentiment de culpabilité ?

- MARIADNE GUINARD

Comment surmonter le sentiment de culpabilité ?

La dysphorie de rejet et le syndrome de l'imposteur sont des problématiques fréquentes chez les personnes autistes. Dans cet article, nous proposons une lecture approfondie du sentiment de culpabilité lié au fait d'être autiste.

Pourquoi une personne autiste se sent-elle coupable ?

La personne autiste peut se sentir dépendante, manquer d'autonomie, avoir besoin du soutien d'autres personnes, de sa famille ou des aides de l'État. Ces dépendances et incapacités sont sources de frustration, mais surtout de culpabilité de ne pas pouvoir tout faire par soi-même ou de ne pas se sentir à la hauteur. Les aides de l'État perçues peuvent être un poids, car l'individu se sent redevable ou à la charge de la société. Cependant, ces aides sont vitales car elles permettent de pallier les difficultés pour trouver ou conserver un emploi à temps plein.

Le fait d'être souvent en décalage dans les conversations, d'avoir du mal à adopter la bonne posture ou de parler trop, engendre également de la culpabilité. Une fois rentré chez lui, l'individu sur le spectre de l'autisme, qui n'est pas certain de savoir comment bien se comporter en société, prend conscience de ne pas avoir su réagir de façon adaptée à la situation, puis va se sentir mal et analyser tous les échanges. C'est avec le recul et en décalage qu'il saura ce qu'il aurait dû dire et prendra conscience de ses erreurs ou de ses maladresses. Ainsi, il se sentira honteux et coupable d'avoir pu blesser quelqu'un ou d'avoir été ennuyeux voire impoli. En effet, il aurait préféré être agréable pour son interlocuteur et aura tendance à dramatiser son manque de tact ou ses hésitations dans la communication.

Certaines personnes autistes aimeraient pouvoir faire beaucoup de choses et sont entravées par leurs difficultés sociales ou par rapport à des problèmes de fonctions exécutives. En effet, une personne autiste peut avoir de nombreux projets et avoir envie d'aider d'autres personnes, et pourtant ne pas savoir faire ses lacets, avoir des difficultés à s'orienter, ou même aura du mal à sortir de chez elle. C'est donc culpabilisant de ne pas pouvoir se débrouiller par soi-même pour des choses simples et de donner le sentiment de ne pas avoir envie d'en faire davantage.

Les problèmes sensoriels liés au goût ou aux sensations tactiles vont empêcher la personne autiste de participer à certains repas ou de demander des plats spécifiques pour prendre en compte ses aversions ou ses difficultés de digestion. La personne autiste se sentira alors coupable de ne pas se rendre à un repas, ou si quelqu'un adapte le repas pour elle. En général, les personnes autistes n'oseront pas demander quoi que ce soit et préféreront rester seules plutôt que de demander de l'aide ou une adaptation pour se sentir à l'aise avec les autres. La culpabilité sera d'autant plus entretenue si durant l'enfance ou le début de l'âge adulte, l'entourage n'a eu de cesse de répéter que l'individu autiste était trop sensible, ou trop difficile à vivre.

La culpabilité peut être liée au fait de ne pas réussir à avoir une vie qui ressemble à celle des autres, de ne pas être en couple, ou de ne pas avoir d'enfants, ou bien d'être en couple et d'avoir des enfants mais se sentir totalement submergé par le quotidien, se sentir coupable de faire vivre à son entourage ses sensibilités et perturbations.

La culpabilité peut prendre sa source dans le fait de ne pas réussir à tout masquer ou de devoir être en « faux-self » permanent pour survivre. Ainsi, une personne autiste peut se sentir coupable de sa simple présence, de respirer, ou de ne pas se sentir à la hauteur, d'avoir l'impression de mal faire. La personne autiste aura alors l'impression de déranger tout le temps et aura du mal à prendre de la place. Dans son esprit, sa seule place légitime serait d'être seule dans un endroit où elle ne devra rien démontrer ou rien attendre des autres.

La personne autiste peut avoir du mal à penser à elle-même et, lorsque le besoin s'en fait trop ressentir, elle aura l'impression d'être la personne la plus égoïste du monde, alors qu'elle ne fait même pas ce que tout un chacun fait en termes de demande et d'expression de soi.

La culpabilité peut être également très subtile par rapport au fait d'être différent, d'être soi, d'avoir des envies, et des façons de faire hors normes, de ne pas sentir ses limites, de voir la vie et le monde autrement, d'avoir des inspirations et des aspirations profondes et nuancées, et de ne pas réussir à comprendre le monde tel qu'il est.

Ainsi, l'individu sur le spectre de l'autisme se demandera souvent si c'est lui qui a un problème, et tel l'Albatros de Rimbaud, se sentira gourd et ridicule, sans voir qu'il peut être d'une grâce et d'une poésie somptueuse lorsqu'il s'élance dans le ciel, déployant ses ailes et son aura sublime.

Les conséquences du sentiment de culpabilité

La première conséquence est l’isolement lié à une image de soi dégradée ; plus la personne sur le spectre autistique se sent incompétente, plus elle se replie sur elle-même. Les personnes autistes vont souvent douter d’elles-mêmes. Elles essaient de faire plaisir aux autres autant qu’elles le peuvent, ont peur de déplaire et de mal faire. À force d’essayer de s’adapter et de chercher à ne pas déranger, elles courent le risque de ne plus réussir à être elles-mêmes et de vivre dans un état fréquent de dissociation, ce qui peut provoquer de fortes angoisses et des difficultés à savoir ce qu’elles veulent vraiment ou à se rendre compte du danger et des limites qu’il faut poser.

Les personnes autistes ne se sentent pas bien dans le milieu professionnel car une RQTH ne suffit pas à résoudre tous les problèmes et elle implique de se faire remarquer. Les aménagements mis en place peuvent créer des jalousies au sein d’une équipe. L’individu autiste, qui n’ose pas s’extraire des normes sociales et s’affranchir des codes qui l’encombrent et l’empêchent de s’exprimer pleinement, peut devenir malade, sombrer dans la dépression, perdre le goût de vivre, l’appétit et développer des troubles psychiques. Son sommeil peut être extrêmement perturbé du fait de ces symptômes. Douter de soi et de ses comportements engendre un stress qui empêche de s’endormir.

En situation sociale fréquente, la personne autiste doit se repasser tout le scénario d’une journée dans sa tête avant de réussir à s’endormir. Son esprit doit analyser chaque échange, chaque geste de chaque personne afin de comprendre et d’évaluer si son attitude a été la bonne. La surcharge sensorielle et émotionnelle s’ajoutent à cela. Plus les jours passent en situation sociale trop importante pour la personne autiste, plus le risque de burn-out autistique est élevé.

La personne autiste, qui analysera les situations et se convaincra qu’elle est responsable des problèmes relationnels ou des souffrances d’autrui, pourrait en venir à se faire du mal à elle-même. En effet, la population autiste est fréquemment sujette aux tendances suicidaires et cela peut arriver du fait d’un sentiment de culpabilité et de dépréciation de soi trop forts. Bien qu’elles aient essayé de faire de leur mieux en tenant compte des normes sociales et de leurs valeurs, les personnes de l’entourage leur font des reproches, ou semblent énervées, contrariées, s’en vont ou les rejettent. Malgré l’implication de la personne autiste dans son travail, les employeurs la licencient parce qu’elle n’a pas suffisamment de liens avec ses collègues. Toutes ces situations vont mener le sentiment de culpabilité à son paroxysme et la personne autiste se verra comme la seule responsable. L’image qu’elle aura d’elle-même sera, de ce fait, très mauvaise et l’isolement ne lui permettra pas de reconstruire une meilleure vision de qui elle est.

Comment remédier au sentiment de culpabilité ?

  • Tout d’abord, les psychothérapies doivent permettre d’aider la personne autiste à avoir une meilleure image d’elle-même, à voir ce qui dépend d’elle et ce qui ne dépend pas d’elle afin d’apaiser le sentiment de culpabilité.
  • Il est important qu’elle soit accompagnée pour comprendre que, comme tout être humain, elle n’est pas parfaite et ne peut pas tout faire, tout mener de front. Un psychothérapeute peut l’aider à prendre conscience de ses limites, à évaluer ce qu’elle peut faire et apprendre à s’accorder du temps pour elle-même afin de se ressourcer.
  • Elle peut prendre conscience qu’elle a de la valeur et que personne n’a à lui dire ce qu’elle vaut ou à la rabaisser, ni à la faire se sentir de trop dans un endroit.
  • Il existe des lieux ou des forums destinés aux personnes sur le spectre de l’autisme afin qu’elles puissent parler entre elles de leurs difficultés, cela peut les aider à se sentir moins coupables car elles ne sont pas les seules dans cette situation. La personne autiste peut apprendre, à l’aide d’un thérapeute formé en CNV, à formuler des demandes, à exprimer ses besoins et à voir lorsqu’il est temps de faire appel à l’aide de quelqu’un pour réaliser une tâche. Le thérapeute peut également l’aider à savoir à quel moment il est légitime pour elle de solliciter les autres pour avoir une information ou pour avoir de la compagnie.

Il est également possible de se procurer quelques outils qui amélioreront le quotidien :

Pour les personnes qui ne savent pas faire leurs lacets ou qui ont du mal avec la motricité fine, il existe des chaussures sans lacets, mais cela n’est pas toujours discret. Ainsi, les lacets élastiques ne se défont jamais et ils offrent un bon confort sans que le pied ne subisse aucune pression. Leur longueur est de 105 cm, elles conviennent ainsi pour les chaussures pour enfants et pour adultes. Chaque lot contient deux lacets et quatre fermetures en métal argenté, ce qui convient pour une paire de chaussures.
Afin d’améliorer le confort du port de la ceinture, qui peut être difficile à supporter pour certaines personnes, la ceinture élastique ne comporte ni boucle ni pression et n’exercera aucune gêne sur l’abdomen, ni aucune sensation d’être comprimé. Cette ceinture permet de se sentir libre de ses mouvements tout en opérant son rôle de maintien. Elle est discrète et permet de ne pas attirer l’attention sur soi. Sa taille est de 50 à 80 cm de long.
  • Les fiches « routines »

Les fiches routines permettent d’aider la personne autiste à se souvenir des étapes à réaliser dans une journée. Ainsi, elle gagnera en autonomie et n’aura pas besoin que quelqu’un vienne lui rappeler de manger ou de se brosser les dents.
Le planificateur mensuel magnétique au format A3 permet d’aider les personnes autistes dans leurs problèmes d'organisation, afin de pallier les troubles de la fonction exécutive. Le rappel visuel permet de ne pas oublier une tâche à faire ou un rendez-vous. Il est livré avec 8 feutres effaçables, ce qui rend possible d’utiliser une couleur pour chaque jour de la semaine. Le planificateur est en plastique et possède une surface magnétique. La couleur de la gomme est aléatoire.

Le timer permet de savoir combien de temps s’est écoulé depuis le début d’une activité. Cela aide les personnes qui ont du mal à avoir la notion du temps qui passe. Le cadran de couleur permet d’avoir une visualisation du temps restant pour réaliser une tâche. Lorsque le temps sera écoulé, une alarme sonnera et aidera la personne à savoir qu’elle doit arrêter ce qu’elle est en train de faire. Le timer est en plastique, les deux piles AAA nécessaires à son fonctionnement ne sont pas fournies, il mesure 8 x 8 x 5 cm.

 

En conclusion

Le sentiment de culpabilité est souvent lié au manque d’autonomie ou à une mauvaise image de soi. Il existe des outils pour améliorer le quotidien et des thérapies pour augmenter l’estime de soi. La solitude et l’isolement ne doivent pas être une fatalité. Les personnes autistes peuvent s'entraider mutuellement en échangeant leurs trucs et astuces du quotidien afin de constituer un ensemble de fiches pratiques pour mieux vivre au sein de la société et de ses codes.


    1 commentaire
    • Je connais ce sentiment par cœur ! Je passe souvent mes soirées à cogiter sur ce que j’ai fait de bien ou de mal dans une conversation. Et c’est parfois pénible d’avoir un cerveau qui recherche les erreurs qu’on aurait faites.

      Éliante le

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