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Les personnes autistes et leurs cinq sens : le toucher

- MARIADNE GUINARD

Les personnes autistes et leurs cinq sens : le toucher

On entend souvent qu’une personne autiste n’aime pas être touchée, que cela peut engendrer des crises et on l’imagine se tapant la tête contre un mur après avoir été touchée. Mais la réalité n’est pas aussi caricaturale : elle est bien plus nuancée que les clichés voudraient nous le faire croire. Dans cet article, nous expliquons comment la personne autiste vit sa relation au sens du toucher et pourquoi ce sens peut aussi être un moyen unique pour se rassurer et s’intégrer socialement.

 

En quoi le toucher est-il vécu de façon particulière par une personne autiste?

Une relation particulière avec le toucher

La peau est le plus grand organe du corps en termes de surface. Elle recouvre tout le corps et est l’unique protection qu’a une personne par rapport au monde extérieur. La peau informe de la température ambiante, par exemple, ou de la texture d’un objet, mais elle permet également de ressentir du plaisir et de communiquer sans mots. La peau est tellement importante que Didier Anzieu parle de « moi-peau ». La peau enveloppe, protège, rassure, permet à la personne de se sentir elle-même, de ressentir son moi, les limites de son être.

Or, pour une personne autiste, ce rapport avec les limites de son corps est complexe, délicat, nuancé, ou parfois extrêmement tranché. Une personne autiste ne va pas simplement aimer une texture, elle va en être « accro », passionnée, de même qu’elle ne sera pas simplement dérangée par une sensation provoquée par un frottement sur la peau, elle sera paralysée, révulsée, en panique totale. Le fait d’effleurer la peau d’une personne autiste peut littéralement la déchirer comme si elle avait la chair à vif même avec une enveloppe corporelle en apparence intacte. Elle doit recomposer sans cesse son « moi-peau » avec des moyens à elle. Ainsi, la peau, le toucher, sont à la fois ami et ennemi pour la personne autiste. Il peut être difficile d’imaginer combien la sensation de son propre corps, de ses doigts, de ses dents, de sa peau peut être pénible pour un autiste ; il est ainsi loin d’être évident de se sentir bien dans sa peau, même sans contact physique extérieur.

 

Toucher ou être touché, un stimm et/ou une agression

En effet, pour se rassurer, un autiste va tapoter ses doigts sur quelque chose, ou sur lui-même, il peut également caresser une texture qu’il aime, ou jouer avec des scratchs. Cela le rassurera profondément et lui permettra de supporter les autres sensations. Dans ces cas-là, le toucher est un moyen, un atout pour se détendre, trouver des repères, une source de réconfort. Une personne autiste peut adorer se toucher les cheveux et jouer avec, alors qu'il peut être pénible pour elle qu’une autre personne la touche. Le fait d’aller dans l’eau, de toucher la terre, ou d’être entouré de bois, de pierre peut constituer un véritable besoin, une grande source de réconfort est un moyen ultime de se sentir connecté à soi, de trouver enfin des sensations agréables. Sentir la moindre petite sensation peut, dans ces cas-là, permettre de développer des talents artistiques et d’affiner toujours plus sa capacité à faire et à aller dans le détail. Certaines personnes autistes aiment gratter et enlever de petits morceaux, c’est agréable et cela procure une sensation euphorisante qui entraîne des picotements agréables dans tout le corps. Une douce sensation peut ainsi devenir presque extatique, il est alors compliqué de ne pas sauter de joie dans tous les sens !

Le toucher peut être une agression surtout lorsqu’il est subi. En effet, faire une bise ou recevoir une tape sur l’épaule peuvent laisser une empreinte pendant des heures. Cette empreinte, si elle n’est pas anticipée, peut créer une gêne, un malaise ou une très forte angoisse. De la même façon, une personne autiste va mettre longtemps à s’habituer à de nouveaux vêtements ou à de nouvelles chaussures. Et une fois qu’elle les aura suffisamment portés, elle pourra ne plus avoir envie de les quitter pour ne pas devoir intégrer de nouvelles sensations. Dans la vie de tous les jours, pour vivre en société, dans les transports en commun, dans les repas, il est fréquent d’effleurer des personnes ou d’être bousculé. Ces stimulations vont s’accumuler et générer de l’angoisse, des sensations pénibles, qui devront être compensées par du repos ou le contact avec d’autres sensations agréables qui pourraient aider à faire diversion.

 

Une hypo ou une hyper sensorialité du toucher existe.

Comme pour les autres sens, la personne autiste va plus ou moins bien ressentir les perceptions du toucher. Pour certaines, tout contact sera douloureux, c’est comme si leur peau brûlait, et rares seront les textures ou les matières tolérées. La moindre étiquette, le moindre frottement rendra la personne incapable de se sentir à l’aise. En général, les personnes autistes aiment s’habiller avec des vêtements amples, ou avec des matières en coton, très douces et avec le moins de coutures possible. Il est donc difficile de porter des tenues qui sont imposées ou non adaptées à ses besoins. En cas de grande fatigue, le ressenti désagréable sera amplifié. Pour cette raison, de nombreux autistes se changent dès qu’ils rentrent chez eux pour se mettre en pyjama ou en tenue confortable.

L’hyposensorialité peut coexister avec l’hypersensorialité ou être le mode d’être normal pour un autiste. Ainsi, il ne sentira tellement pas sa peau que le chaud et le froid seront difficiles à ressentir. Ces personnes auront tendance à se brûler ou à entrer facilement dans une eau froide. Pour autant, cela engendre des angoisses liées au manque de sensation d’unité et un rapport confus avec les limites entre son corps et le monde extérieur. Lorsque la personne autiste vit des périodes d’hyposensorialité, elle aura besoin de se mettre en retrait, de s'envelopper et de créer tout ce qui se rapproche d'une peau artificielle, mais ô combien vitale, pour se rassembler et comprendre les limites de son propre moi. Une personne totalement hyposensible aura du mal à ressentir du plaisir dans le fait d'être touchée. Une personne hypersensible au toucher pourra avoir des moments où elle adore être touchée, voire en aura besoin, et des moments où le moindre effleurement sera un supplice, même si la caresse provient de la personne aimée.

 

Gérer les sensations tactiles : quelques fiches-outils pour mieux gérer l'hypersensibilité tactile

Si les sens des personnes autistes sont très affûtés ou peu développés dans certains cas, il est possible d'utiliser des objets soit pour réveiller les sens d'une personne, soit pour atténuer l'hyperperception sensorielle. S'envelopper dans une douce couverture, sentir la douce chaleur d'un feu de cheminée, avoir un chat qui ronronne sur ses genoux seront alors des moyens très appréciés par certaines personnes autistes pour trouver du réconfort. Il semble que les objets puissent également être employés de façon thérapeutique et toutes ces approches sont encore en cours de recherche notamment auprès des enfants autistes afin de vérifier leur efficacité.

 

Les objets sensoriels permettant de s'apaiser via le sens du toucher se basent sur la théorie de l'intégration sensorielle.

Selon la théorie de l'intégration sensorielle, l'utilisation d'objets va permettre aux personnes autistes de pouvoir peu à peu intégrer certaines sensations et ne plus les vivre comme angoissantes. "L'hypersensibilité au toucher est traitée en caressant l'enfant avec différentes textures (Ayres, 1979), ce qui doit être pratiqué par un thérapeute expérimenté. Un toucher léger augmente l'éveil et permet une plus grande stimulation du système nerveux. La pression doit être ferme mais agréable. Il est prouvé que la pression profonde est calmante (Ayres, 1979 et King 1989). Différentes techniques sont utilisées pour désensibiliser l'enfant. Par exemple, le protocole de brossage de Wilbarger, connu sous le nom de technique du toucher proprioceptif de pression profonde. Cette technique implique l'usage d'une petite brosse et d'un protocole de massage." (...) "Un ergothérapeute apprend aux parents à pratiquer ces techniques avec leur enfant, à raison de trois à cinq minutes six ou huit fois par jour. Au fur et à mesure, l'enfant répond plus normalement au toucher et les séances s'espacent. (...) Les défenseurs de la théorie de l'intégration sensorielle émettent l'hypothèse que le traitement peut influencer l'organisation du cerveau et y provoquer un changement." Ces extraits sont issus de l'ouvrage d'Olga Bogdashina, Questions sensorielles et perspectives dans l'Autisme et le Syndrome d'Asperger, des expériences sensorielles différentes, des mondes perceptifs différents.

Bien que ces thérapies ne soient pas encore certifiées fiables, chaque personne autiste peut choisir ses propres objets, ceux qui lui permettront de se sentir bien. Il existe d'ailleurs de nombreux objets aux formes, couleurs et textures variées qui offrent la possibilité de s'apaiser ou de s'autostimuler via le sens du toucher.

 

Le tapis d'acupression

https://bienetreautiste.com/products/tapis-dacupression

Pour pallier les douleurs chroniques et les différents troubles ressentis par les personnes autistes, le tapis d'acupression peut permettre de s'apaiser en stimulant des points énergétiques précis. L'avantage de ce tapis est qu'il offre un renforcement global des fonctions vitales et aide à retrouver une énergie et un bon sommeil. L'acupression renforce de manière globale les fonctions vitales, procurant ainsi un regain d'énergie. Grâce aux pointes en plastique, de l'endorphine est libérée dans le corps, apportant une sensation de bien-être. Ainsi, en l'utilisant fréquemment, les bienfaits du tapis aideront à réguler les douleurs et autres troubles liés au stress. Ce tapis peut être utilisé à partir de 6 ans et ne convient pas aux femmes enceintes. Il doit être lavé à la main uniquement. Sa taille est de 62 cm x 38 cm, et la version oreiller est de 37 cm x 14.5 cm x 10 cm.

 

La brosse sensorielle

https://bienetreautiste.com/products/brosse-sensorielle

La brosse en silicone permet d'apporter une sensation agréable sur le corps sans être directement touché par quelqu'un. Ses doux picots en silicone procurent les bienfaits d'une caresse. Elle est en silicone et n'est pas conçue pour être mâchée. Sa taille est de 12 x 7 x 4 cm, ce qui en fait une petite brosse pratique qui peut être emportée partout.

 

La pieuvre de massage

https://bienetreautiste.com/products/pieuvre-masseuse

Avec ses 8 tentacules à bouts ronds, la pieuvre de massage permet de masser tout le corps sans fatiguer les mains. Le massage peut permettre à la personne autiste de se détendre, de retrouver les limites de son corps et de recevoir le geste attentionné d'une personne de manière moins directe et donc moins brutale. Les couleurs varient en fonction des stocks.

 

Les pads sensoriels Montessori

https://bienetreautiste.com/products/pads-sensoriels-montessori

Les pads sensoriels permettent aux enfants et aux adultes de développer leur sens du toucher de manière ludique et progressive. Ils peuvent être facilement intégrés dans un espace de détente et de relaxation. Pour un enfant, cela permet de découvrir différentes textures et de s'approprier ces sensations à son rythme. Ces pads peuvent également être utilisés pour jouer à distinguer les différentes textures les yeux fermés. En passant ses doigts sur les différentes surfaces, la personne autiste pourra favoriser un apaisement si ces sensations sont agréables pour elle. En effet, certaines textures sont particulièrement appréciées et évoquent des sentiments très positifs. Ces pads mesurent 6 x 6cm, pèsent 200g et sont en bois. Ils peuvent être utilisés à partir de 3 ans. Chaque lot comprend 7 pads et un sac de rangement.

 

La balle pompon

 

https://bienetreautiste.com/products/balle-pompon

Les balles en silicone servent autant comme jouets stimulants ("stims toys") que pour développer la motricité ou intégrer les sensations via un objet. Pour gérer les sensations et autres stimulations du monde extérieur, la personne autiste va apprécier toucher ce type de balle. La répétition d'un geste et la possibilité de l'observer tout en ressentant la sensation qu'elle offre apportent tous les bienfaits du stim. Cette balle est déconseillée aux personnes ayant tendance à mâcher les objets, mais peut être utilisée à partir de 3 ans. Les balles, en silicone, sont vendues par lots de 6.


3 commentaires
  • En réponse à Lopez, je t’invite à écouter l’unique épisode que j’ai mis sur youtube “Potentiel en sommeil” Le Titan et la Plume, ça pourra peut-être t’éclairer…

    LTLP le
  • Bonjour,

    Je me questionne depuis peu car je pensais que c’était normal d’être comme ça. Je remarque que j’ai beaucoup de ces traits là mais j’ai peur de me faire de fausses idées.
    Pour vous donner un ordre d’idée je suis dépressive depuis mon adolescence (aujourd’hui j’ai 23 ans). Ma psychiatrique m’a diagnostiqué un trouble anxieux dépressif chronique phobique.
    Ce qui me perturbe dans tous ça c’est que je suis hypersensible depuis toujours, sensible à la lumière, aux odeurs, aux sons et au touché. Le touché c’est très compliqué pour moi et je ne suis pas tactile, seulement avec mon copain, faire un câlin à ma mère ou mes amis sont très compliqués puisque je me force ou me sens obligée de le faire car sinon aucun contact physique avec eux à part la bise. Puis j’ai pas mal de phobies au niveau du touché, je ne peux pas mettre mes pieds sur un sol mouillé froid, ce qui me procure une peur et un dégoût immense et ça depuis toujours. Cela me fait ça avec d’autres choses de la vie de tous les jours.
    Niveaux sons, s’il y a trop de monde et trop de bruits ou paroles autour de moi, je me sens stressée et agressée alors j’utilise un casque avec de la musique détente dans la plupart de mes déplacements.
    Puis j’ai tendance à m’enfermer chez moi ou chercher la solitude mais en ressentant un ennui et un vide la plupart du temps, bien que je sois quelqu’un de sociable et très empathique. Je ressens de l’incompréhension avec mon entourage lorsque je dis mes points de vus. En bref je ne sais pas si je suis seulement dépressive et j’aimerais vraiment que tout ça s’arrête, je ne peux plus, je ne sais plus quoi faire. J’ai déjà des antidépresseurs et anxiolytiques depuis maintenant 3 ans, il eu une légère évolution mais j’ai la sensation que ce sera éternel..

    Lopez le
  • Mon idée du bonheur c’est d’être enroulée dans un plaid en pilou et d’allumer une bougie au Monoï :)
    Je ne supporte pas qu’on me touche, les matières qui grattent ou qui piquent
    Il me faut des matières douces et amples
    Et oui, je me change dès que je rentre chez moi mais je ne pensais pas que ça avait trait à mon autisme !

    Karen le

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