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Autisme et langue des signes

- Julie BOUCHONVILLE

Autisme et langue des signes

Aujourd’hui, un détour par le monde merveilleux de la langue des signes, française dans notre cas, et de son intérêt pour les personnes autistes. Car, si notre voix, nos tournures de phrases ou nos intonations peuvent révéler notre autisme, c’est aussi le cas, pour beaucoup d’entre nous, de notre silence.

 

Autiste non-verbal

Mon lecteur se rappelle sans doute qu’à cette expression, je préfère celle d’autiste qui ne parle pas avec sa bouche, un peu verbeuse, mais qui a l’avantage de rappeler que des sons formés avec la bouche ne sont pas la seule manière de communiquer — c’est d’ailleurs le sujet de cet article.

Ceci étant dit, le fait de ne pas parler avec sa bouche concerne une fraction significative, bien qu’imprécise, des autistes. Pourquoi imprécise ? D’abord à cause d’un biais de sélection, les autistes que l’on diagnostique en premier étant ceux qui se voient le plus, et l’une des manières d’attirer l’attention, c’est justement de présenter un retard d’acquisition de la parole.

Ensuite, parce que la proportion est estimée à 25-35 %[1] [2], sans plus de précision.

 

Qui est non-verbal ? Qu’est-ce que cela signifie ?

 On pourrait penser que la définition est binaire, mais bien sûr c’est plus compliqué que cela, ce qui explique aussi la disparité des estimations. D’abord, une personne peut présenter à un instant T un retard dans l’acquisition de la parole, qui se corrige par la suite : selon le moment où elle est comptabilisée, et la manière dont la base de données est mise à jour ou non, le même point de donnée individuel peut impacter les décomptes assez différemment.

De même, une même personne capable de parler avec sa bouche peut, dans des moments de fatigue intense ou de stress aigu, perdre cette capacité, totalement ou partiellement, pour une durée allant de quelques minutes à plusieurs heures[3].

 

Ensuite, qu’appelle-t-on non-verbal ? On pense bien sûr à la personne ne produisant aucun mot en aucune circonstance, mais dans les faits, cette définition peut inclure des personnes qui ont un vocabulaire très limité, insuffisant pour communiquer leurs besoins et pensées et/ou une incapacité à construire des phrases. Être non-verbal, c’est donc plutôt ne pas réussir à se servir de la parole pour communiquer de la manière dont on en a besoin, plutôt que, grossièrement, être muet.

 

Des méthodes de communication alternatives

Ne pas pouvoir parler avec sa bouche n’est pas synonyme de stupidité ou d’absence de pensée, et il existe des méthodes alternatives pour s’exprimer[4]. Elles nécessitent toutes un apprentissage, de durée variable, mais permettent une communication claire[5].

– Écrit, et conversion de texte à l’audio par un programme dédié, éventuellement avec un programme de texte prédictif qui rend la saisie plus fluide

– Images et pictogrammes (Méthode PECS)[6], éventuellement plus tard associée à un logiciel de traduction de pictogramme en sortie audio

– Méthode Makaton, une forme simplifiée de la langue des signes britannique associée à du langage oral et/ou des pictogrammes

– Langue des signes

 

Désirant m’attarder sur cette dernière en particulier, je ne détaillerai pas plus avant les autres méthodes pour l’instant.

 

Qu’est-ce que la langue des signes ?

La langue des signes est une langue de France[7], reconnue officiellement et à part entière depuis 2005. C’est une langue gestuelle, basée sur des configurations manuelles, des postures du corps, et une gestion de l’espace autour du locuteur. Riche et nuancée, elle permet de s’exprimer en détail au même titre qu’une langue orale. C’est, bien sûr, d’abord et avant tout, la langue des Sourds de France.

Une langue visuelle

La LSF est profondément visuelle de par ses mécanismes et sa grammaire. Cela signifie deux choses : d’abord, qu’elle favorise et est favorisée par une pensée visuelle, un élément qui concerne de nombreuses personnes autistes. Penser en image et en scènes, percevoir le monde dans ses volumes sont deux prédispositions utiles à la LSF.

Ensuite, la tendance de nombreux autistes à balayer une scène des yeux et à percevoir de nombreux détails via leur vision périphérique leur est très utile pour suivre un discours signé.

 

La semaine prochaine, nous aborderons les questions de l’apprentissage de la LSF, son adaptation à un public entendant, à un public jeune, et effleurerons l’éternel débat « apprendre une langue gestuelle ne va-t-il pas ralentir (d’autant plus) l’apprentissage d’une langue orale ? ».



[2]J’ai trouvé plusieurs chiffres qui gravitaient dans cette zone, 30 %, 20 %, 40 %… On le verra, la définition de « non verbal » influence aussi fortement la proportion.

[3]Selon les causes exactes, les mécanismes peuvent être multiples et très différents, et je les mentionne ici sous une forme groupée que parce que le résultat est le même : l’absence de parole.

[5]La notion de nuance varie beaucoup selon la méthode, qui elle-même est influencée par l’âge de la personne et ses préférences propres.

[7]On notera que chaque pays possède sa propre langue des signes, liée à l’histoire dudit pays, de ses communautés Sourdes, et à sa culture. Au sein même d’un pays, des régionalismes peuvent exister, les langues signées ayant été interdites pendant des années, empêchant les locuteurs d’en apprendre une quelconque version systématisée.

Pour toute question sur nos articles de blog, contactez la rédactrice à : juliebouchonville@gmail.com


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