Donner du sang : un guide pour les autistes

- Julie BOUCHONVILLE

Donner du sang : un guide pour les autistes

Pour qui ?

Pour quiconque aimerait donner du sang lors d’une collecte mobile ou dans un Établissement Français du Sang mais ne sait pas trop comment ça va se passer et aimerait qu’on le lui explique.

 

Intro :

Donner du sang est un acte que la plupart des adultes peuvent faire, même les autistes. Donner du sang permet d’aider les personnes qui auront besoin d’une transfusion (victimes d’un accident par exemple), mais aussi de participer à la recherche médicale.

Pas besoin d’être habillé d’une façon spéciale pour donner du sang, mais moi je fais toujours attention de mettre un gilet plutôt qu’un pull : pour une prise de sang il faut que le soignant ait accès au creux de mes coudes, et je trouve plus simple d’ouvrir un gilet et de retirer complètement mon bras de la manche. Également, le don de sang implique qu’on prenne la tension du donneur, ce qui se fait mieux en t-shirt qu’en pull.

 

Contre-indications :

Certaines personnes ne peuvent pas donner de sang. L’EFS, l’organisme qui gère les dons, va vous faire passer un questionnaire pour s’assurer que vous n’avez pas de contre-indication au don, mais même avant cela, sachez que ce n’est sans doute pas pour vous si :

- Vous êtes phobique des aiguilles

- La vue du sang vous est insupportable (le sang est dans des poches et tout est très propre mais il est courant qu’une goutte perle quand on retire l’aiguille de votre bras, par exemple)

- Vous souffrez de chutes de tension après un vaccin ou une prise de sang

- Vous êtes plutôt sensible à la douleur

- Vous avez des gestes brusques incontrôlés

 

Venir préparé :

Tenue : un gilet plutôt qu’un pull

A prévoir : un stylo, votre carte d’identité, une distraction pouvant se faire à une main pour pendant le don

État : Correctement hydraté, pas à jeun mais avec un petit délai entre le dernier repas et le don

 

Déroulement :

Arrivée et questionnaire

Le plus souvent, le don de sang se fait sur rendez-vous. Que vous vous rendiez dans une collecte organisée près de chez vous ou dans un établissement de don de sang, vous devez donc d’abord prendre rendez-vous sur le créneau horaire qui vous conviendra. Si vous lisez ceci en 2022, vous devrez arriver masqué, et on vous fournira probablement un nouveau masque à votre arrivée pour être sûr que vous en portiez un neuf.

 

En arrivant, vous commencez par vous annoncer à l’accueil. On vous demandera une pièce d’identité et de confirmer quelques informations d’identité (en général votre date de naissance). Vous recevrez ensuite un questionnaire à compléter et, si vous avez déjà donné du sang, une feuille reprenant les informations que l’EFS a déjà sur vous. On vous laissera vous asseoir à une table pour compléter votre questionnaire. Ayez un stylo avec vous, ça sert toujours. Il se peut qu’on vous demande si vous avez bu récemment, et si non, on vous dirigera vers la partie « restauration » de la zone (une pièce à part ou juste une section de l’espace) pour que vous buviez quelque chose pendant que vous complétez votre questionnaire.

Avant de quitter l’accueil, vous pouvez demander quoi faire une fois le questionnaire rempli : est-ce qu’on vient vous chercher, ou est-ce que vous devez rejoindre une file d’attente ?

 

Installez-vous, retirez votre manteau, et répondez aux questions.

Le questionnaire est assez rapide : il vous demande des informations concernant des maladies que vous avez ou avez pu avoir, vos vaccins, si vous avez récemment perdu du sang (les règles très abondantes comptent), si vous prenez des médicaments, etc. On vous pose aussi des questions concernant vos habitudes : par exemple, est-ce que vous avez eu des rapports sexuels sans protection, récemment ? Ou est-ce que vous vous injectez de la drogue ?

C’est important de noter que dans l’écrasante majorité des cas, le personnel qui s’occupe des prises de sang est adorable et ce sont des professionnels médicaux : ils ne sont pas là pour nous faire la morale, ils ont mieux à faire de leur temps, ils veulent juste s’assurer que votre don pourra vraiment servir à quelqu’un. Vous pouvez être honnête avec eux.

Également, si vous ne savez pas bien comment répondre à une question, vous pouvez ne pas y répondre ou cocher « je ne sais pas » et vous en discuterez avec le médecin qui fera votre entretien.

 

Entretien

Car après le questionnaire vient l’entretien. Soit vous rejoignez une courte file d’attente une fois votre questionnaire rempli, soit un médecin viendra directement vous chercher, cela dépend de comment l’endroit est organisé.

L’entretien se fait dans une toute petite pièce où un médecin prend votre tension et repasse sur le questionnaire avec vous. Souvent il repose les mêmes questions que celles qui sont écrites pour confirmer que vous avez bien répondu. Les médecins sont en général assez expéditifs parce qu’ils font ça toute la journée et comme ils n’ont pas la chance d’être autistes, la répétition les ennuie. Si vous avez une question sur le questionnaire ou le don, demandez-leur, ça leur fera plaisir d’avoir un échange qui ne soit pas « est-ce que vous avez quitté l’Europe ces 24 derniers mois ? ».

 

Si c’est votre premier don, il se peut que le médecin vous pose quelques questions en plus et vous donne un document à transmettre à la personne qui va faire la prise de sang.

 

Le don

Enfin arrive le moment du don. Vous quittez la petite pièce avec le médecin et en général vous rejoignez une courte file d’attente qui se fait sur le bord d’un espace avec de nombreux fauteuils inclinables : la salle de don en elle-même. Si personne n’attend son tour avant vous, essayez d’attraper le regard de l’une des personnes qui travaille là : on va directement s’occuper de vous.

La question qu’on va vous poser à tous les coups sera : bras droit ou bras gauche ?

Pour y répondre il faut prendre en compte deux facteurs :

- Si vous n’êtes pas ambidextre, votre bras dominant a sans doute des veines un peu plus simples à trouver.

- Après un don de sang, pendant 24h, il faut éviter de plier le bras sur lequel on a prélevé. Si vous avez l’habitude de porter votre bébé dans le creux de votre bras gauche, par exemple, mieux vaut donner avec le droit.

 

Vous renseignez donc votre bras préféré, et on vous dirige vers un fauteuil fait pour la prise de sang à droite ou à gauche en fonction.

Une fois installé sur le fauteuil (pensez à enlever votre pull ou à au moins sortir votre bras donneur de la manche), la personne qui va s’occuper de la prise de sang va récupérer vos documents, confirmer avec vous votre date de naissance, et ensuite procéder à la prise de sang.

On va d’abord attacher un ruban en caoutchouc autour de votre biceps, pour que vos vaisseaux sanguins soient un peu plus gonflés et faciles à repérer. Puis on va désinfecter votre peau sur l’endroit de la prise de sang, puis insérer une aiguille dans votre veine. La  piqûre en elle-même est douloureuse parce qu’assez profonde, mais c’est très rapide : les gens qui travaillent pour l’EFS font ça à longueur de journée et ils maîtrisent complètement leur geste.

Vous pouvez regarder le moment de l’insertion, mais personnellement je conseille de regarder ailleurs pour ne pas se concentrer trop sur la sensation.
Une fois l’aiguille placée, la personne va poser une petite compresse dessus juste pour que vous ne puissiez pas voir l’endroit où elle rentre dans votre bras, ce qui met mal à l’aise beaucoup de gens. Puis elle enlèvera le ruban de caoutchouc autour de votre biceps.

 

L’aiguille dans votre bras est connectée à un petit tube fin, qui lui-même se termine par une sorte de port où on va pouvoir connecter plusieurs choses : d’abord des flacons à échantillon, qui vont permettre de tester le sang pour établir le groupe sanguin et s’assurer que vous n’êtes pas porteur d’une maladie sans le savoir, puis la poche qui va récupérer le gros de votre don.

C’est un peu désagréable quand on déconnecte un flacon de ce port et qu’on en connecte un autre, mais de nouveau, c’est très rapide.
Une fois que la personne a récupéré ses flacons et qu’elle vous a connecté à la poche, elle va sans doute aller s’occuper d’un autre donneur, mais elle ne va pas beaucoup s’éloigner, vous pouvez en général toujours la voir et attirer son attention.

 

La poche qui va contenir votre don est placée sur une sorte de plateau qui la maintient très doucement en mouvement, et qui est connecté à une balance : le principe est que si le débit est trop lent, la balance va bipper, et une fois qu’elle a atteint une valeur de référence qui est calculée sur base de votre poids, elle va aussi bipper pour qu’on arrête le don.

C’est un peu déplaisant, mais je vous conseille de serrer et desserrer doucement le poing pendant toute la durée du don : ça accélère le débit du sang et donc vous aurez fini plus vite. Si la personne qui gère la prise de sang trouve que ça va trop vite, elle vous le dira.

Dans l’ensemble, le don en lui-même dure dix à quinze minutes.

 

Si à tout moment pendant le don vous ne vous sentez pas très bien, vous pouvez demander à ce qu’on vous allonge : ça se fait tout simplement en basculant le fauteuil sur lequel vous êtes assis.

 

Une fois le don fini, la personne qui vous a fait la prise de sang – ou un autre soignant qui était à côté – va enlever l’aiguille. En général on vous pose une compresse et on vous demande d’appuyer fermement le temps de la coller avec un petit bout de scotch médical.
Ensuite vous vous rendez dans l’espace restauration, où on vous encourage à rester assis au moins 15-20 minutes, à boire, et à manger au moins un peu. La nourriture et les boissons sont gratuites. Souvent c’est en libre service, mais parfois il y a des bénévoles qui vous servent à boire.

Prenez le temps d’atterrir, et sachez que c’est normal si vous vous sentez un peu faible ou nauséeux.

 

Après le don

Vous allez recevoir un petit dépliant comportant un numéro de téléphone et une série d’instructions sur l’après-don. L’idée est que si vous vous rendez compte dans les jours qui suivent le don que vous étiez malade, il est préférable d’appeler le numéro pour prévenir l’EFS. De même, si l’EFS découvre que vous avez une maladie dont vous n’étiez pas au courant, ils vous préviendront.

 

Dans les heures qui suivent le don, il est important de :

- Bien s’hydrater

- Manger suffisamment

- Ne pas avoir d’activité sportive intense

 

Vous venez de perdre du sang, au moins 300ml et souvent plus. Il faut laisser à votre corps la possibilité de se remettre et de compenser cette perte.

Environ 36h après le don, vous devriez être totalement remis ou pas loin de l’être. Il se peut que le site de la prise de sang soit toujours un peu douloureux. Évitez de trop plier ce bras tant que vous ressentez encore de la douleur.

Vous pouvez enlever le pansement mis lors du don le soir-même ou le lendemain matin. Personnellement je me mets des pansements pendant quelques jours le temps que la plaie soit moins impressionnante.

 

Et voilà ! Vous venez de donner du sang.

 

Résumé

- Ne pas venir à jeun, être hydraté

- On se présente à l’accueil et on donne les pièces demandées

- On remplit un questionnaire

- On repasse sur ce questionnaire avec un médecin

- On choisit bras gauche ou droit, on s’assied, et une personne compétente prend notre sang.

- On va boire un verre de jus et rester assis pendant un quart d’heure.

- Pas de sport pendant 24h à 48h, bien s’hydrater

 

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