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Comment trouver, et quitter, le bon thérapeute ? Partie 2

- Julie BOUCHONVILLE

Comment trouver, et quitter, le bon thérapeute ? Partie 2

Nous avons, lors de notre précédent article, réfléchi à comment déterminer quel thérapeute était le bon. Abordons aujourd’hui l’autre extrémité de la relation thérapeutique : pour quelque raison que ce soit, comment bien arrêter de voir un psy ?

 

Comment quitter son psy ?

On l’a sûrement déjà tous fait : on dit « à la semaine prochaine », trois jours après on prévient le secrétariat qu’on ne viendra pas, non, on rappellera pour prendre rendez-vous… et on ne rappelle jamais. Ce n’est pas la manière la plus élégante de quitter un psy, mais ça marche. Le problème, c’est qu’on peut difficilement revenir après (« Oui on s’est vus en 2017 puis j’ai arrêté de venir du jour au lendemain, vous vous souvenez ? »), et en plus, on n’a pas pu demander l’avis dudit psy.

 

Pourquoi arrêter le suivi avec un thérapeute ?

Les raisons sont nombreuses, allant de l’envie de récupérer le temps investi chaque semaine dans le traitement à l’impression de stagner dans la thérapie, de la sensation d’aller mieux au prix des consultations, en passant par une remarque qui nous aurait mis en colère, ou l’envie de consulter un autre professionnel.

La première chose à noter, c’est que le thérapeute mérite la courtoisie, mais aussi, que la relation qu’on entretient avec lui n’est pas d’égal à égal : le soignant est au service du patient. C’est-à-dire que le patient, au-delà du simple respect humain[1], ne lui doit rien. Il se peut qu’un thérapeute se sente vexé si son patient annonce en avoir assez de venir toutes les semaines pour des résultats médiocres – mais il n’a pas à le faire sentir au patient, et surtout, il n’a pas à donner l’impression à son patient que c’est la faute de ce dernier. On peut quitter un thérapeute pour les raisons qui nous chantent, et l'on n’est pas responsable des émotions de nos psys.

L’extraordinaire Maïly Gros, psychologue clinicienne et vulgarisatrice sur TikTok, confirme que « les patients font ce qu’ils veulent. Il ne faut pas rester dans une thérapie pour faire plaisir à son psy, et je peux entendre qu’on ait envie d’arrêter, ou de faire une pause dans sa thérapie. Bien sûr, si mon patient me dit que je suis incapable et qu’il arrête à cause de ça, je vais le prendre pour moi, mais en tant que moi. En tant que professionnelle, je peux l’entendre. »

 

Bien quitter son psy

Par politesse, et pour éviter d’avoir peur de le croiser au marché dans le futur, il est néanmoins judicieux de prévenir le thérapeute. On peut lui expliquer pourquoi on désire arrêter le suivi, mais ce n’est pas une obligation : aucun contrat allant en ce sens n'a été signé.[2]

Il se peut que le thérapeute soit d’accord, ou qu’il encourage le patient à rester : ses raisons seront peut-être excellentes, mais au bout du compte, personne n’est obligé de rester dans une relation thérapeutique qui lui déplaît ou ne fonctionne pas. On peut, et je le dis ici parce que cela n’a pas toujours été une évidence pour moi, aller à l’encontre de l’avis de son psy. Peut-être qu'il se trompe, peut-être qu’il n’a pas toutes les informations, peut-être qu’il a raison, mais qu’on n’a quand même plus envie de le voir. Il ne peut pas forcer un patient à rester, et s’il ne peut honorer un besoin de faire au moins une pause dans la thérapie, ce n’est sans doute pas un si bon thérapeute que cela[3].

 

Le privilège du choix

Et bien sûr, rien de tout ce que je viens de dire n’a le moindre sens pour les personnes qui vivent dans des déserts médicaux, sont entourées de thérapeutes peu formés à leurs troubles, n’ont pas les ressources pour se permettre de chercher longuement le professionnel qui conviendra, etc. Ne pas le reconnaître serait terriblement hypocrite, et à ces personnes, je ne peux rien dire qu’elles n’aient déjà pensé cent fois.

Ce problème de la mauvaise répartition des professionnels de santé est systémique, et je ne pense pas qu’il se règlera avec des comportements individuels (« déménagez » « si vous êtes un thérapeute, allez exercer dans l’Ariège » « essayez de ne pas être autiste à la campagne » « essayez de ne pas être pauvre/immigré » « ayez l’air d’une personne très fonctionnelle »). La question dépend plutôt des politiques publiques et des discriminations sociétales, et je ne sais pas trop quoi ajouter à ce sujet. Certaines personnes n’ont pas accès à de bons soins. C’est inacceptable, et en même temps, c’est la réalité.

 

Conclusion

Mon objectif, avec cet article, était avant tout de rappeler à mon lecteur qu’un bon thérapeute, comme pour n’importe quelle relation, ne se trouve pas du premier coup, répond à certains critères, et peut être fréquenté aussi bien de manière ponctuelle que tout au long d’une vie.

Il est normal et acceptable de chercher un petit moment la bonne personne, et ne pas la trouver du premier coup ne signifie pas que l’on est trop difficile ou incurable.

Il est aussi acceptable, dans un contexte où l’on n’aurait pas accès au thérapeute idéal, d’avoir conscience que celui que l’on a trouvé ne correspond pas en tous points à nos attentes, et ainsi de pouvoir relativiser d’éventuelles déceptions ou dissonances, qui sans cette conscience pourraient être interprétées comme le signe que la thérapie ne fonctionne pas.

 

Trouver le bon thérapeute nécessite d’avoir conscience de ses propres attentes, au moins dans une certaine mesure, de pouvoir communiquer avec son équipe soignante dans une relation dénuée de hiérarchie[4], et de ne pas avoir peur de mettre un terme à la relation thérapeutique si cela s’avère judicieux.

Rien de tout cela n’est aisé, et une telle approche nécessite d’avoir le luxe du choix – un problème complexe.

Ceci étant dit, j’espère avoir pu éclaircir la voie pour celles et ceux qui désireraient commencer ou reprendre une thérapie et peinaient à déterminer comment choisir un bon soignant.

 

[1]Et du prix de sa séance, s’entend.

[2]De plus il peut être difficile de dire poliment « J’aimerais partir parce que je croyais que vous seriez cool mais vos petites remarques grossophobes m’épuisent beaucoup plus que prévu », après tout.

[3]Je parle ici en général et exclus de cette approche les patients qui, par exemple, représenteraient un danger pour eux-mêmes ou les autres. Si mon lecteur pense être dans ce dernier cas, je l’encourage à appeler le 3114 (ligne de prévention de suicide) ou les urgences au 15, 112 en Europe, 144 pour les personnes sourdes.

[4]Ou, si hiérarchie il y a, le patient devrait être à sa tête.


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