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Sauter le pas de la parentalité - Partie 1

- Julie BOUCHONVILLE

Sauter le pas de la parentalité - Partie 1

Quand on parle parentalité et autisme, le sujet qui revient bien sûr est « qu’est-ce que cela implique d’être le parent d’une personne autiste ? » ou « au secours, mon enfant est autiste ». La version qui est bien moins souvent abordée concerne les personnes autistes qui sont, ou envisagent d’être, parents.

Aujourd’hui, penchons-nous sur ces créatures secrètes et mystérieuses : les parents autistes, et plus précisément, les personnes qui aimeraient être parents,[1] mais qui, au fond, se demandent si c’est vraiment fait pour eux.

 

Il y a plus de parents autistes qu’on ne veut bien le penser

Parce que l’autisme a un fort caractère génétique, bon nombre des personnes dont les enfants sont autistes sont en fait elles aussi neurodivergentes, et peut-être bien autistes, même si elles ne le savent pas. Les témoignages abondent au sujet de ces parents qui découvrent le diagnostic de leur enfant et réalisent qu’il serait peut-être temps de parler à un médecin eux aussi, parce qu’ils ont pile les mêmes symptômes.

Avant, donc, de se dire qu’une personne autiste et parente serait une bizarrerie, rappelons-nous cet état de fait. Il y a tout plein de parents autistes à l’heure actuelle dans la nature, qui s’en sortent très bien[2], et dont on n’entend jamais parler simplement parce que rien d’extraordinaire ne leur arrive.

 

Le désir de parentalité chez la personne autiste

Si l’on en croit les mythes, les autistes sont eux-mêmes essentiellement des enfants, et il paraît donc ridicule que nous puissions vouloir des enfants à notre tour. Et puis, les enfants, c’est bruyant, or les autistes n’aiment pas les trucs bruyants, et de toute façon, le risque qu’un parent autiste produise un enfant autiste est, quand même, pas mal grand, et qui est-ce qui choisirait de son plein gré d’élever un enfant autiste ? CQFD : les autistes ne veulent pas d’enfants.

Bon, dans les faits, c’est un chouïa plus compliqué que cela. Certains autistes, pour des raisons qui leur sont propres, ne veulent effectivement pas d’enfants, et grand bien leur fasse. Certains pourraient vouloir des enfants, mais sont eux-mêmes très dépendants de leur entourage, et il se peut qu’ils choisissent avec leur partenaire de ne pas devenir parents, parce que cela n’amènerait pas de dynamiques familiales saines.

Et puis certains autistes veulent des enfants, là encore pour des raisons qui leur sont propres, et pensent qu’ils pourraient les assumer. Avoir un enfant autiste est très angoissant pour un non-autiste, mais déjà moins pour quelqu’un qui a une connaissance intime du sujet, et ce n’est pas comme si les neurotypes ou handicaps potentiels de nos enfants pouvaient tous être connus à l’avance, de toute façon. Quand on choisit d’avoir des enfants, qui que l’on soit, on accepte de vivre avec le risque que ces enfants naissent avec des problèmes de santé, des bizarreries[3] et des particularités qui leur sont propres. Si l’on n’est pas prêt à cela, il ne faut juste pas avoir d’enfants.

 

On peut néanmoins en venir à se demander, comme toute personne qui envisage la parentalité, « Ai-je ce qu’il faut pour être un bon parent ? Compte tenu de mes particularités sensorielles et de fonctionnement, suis-je fait pour élever des enfants ? ».

 

Les enfants, ces trucs adaptables

Avant de répondre de manière frontale à cette question[4], chose délicate dans la mesure où votre serviteur n’a pas la science infuse, il semble important de rappeler de quoi les enfants ont besoin pour grandir dans des conditions saines et cool :

– Que leurs besoins primaires (sommeil, nourriture, hygiène, sécurité, etc.) soient comblés

– De la stimulation intellectuelle appropriée à leur âge par des jeux, des activités, des choses à manipuler, des lieux à explorer, etc.

– Des adultes de référence au comportement juste, aussi prévisible que possible, émotionnellement disponibles, qui veulent sincèrement le bien des enfants

 

Cette liste paraît courte ? C’est parce qu’elle l’est. Bien sûr, si l’on dressait la liste de toutes les choses possibles et imaginables que l’on puisse fournir à un enfant et qui l’aideraient à s’épanouir, elle couvrirait des pages entières, mais le fait est qu’on peut toujours faire mieux, ou différemment. Ceci est le minimum pour essayer d’obtenir des enfants bien dans leurs godasses : combler leurs besoins élémentaires, leur donner des trucs intéressants pour s’occuper, être là pour eux avec un vrai souci de bienveillance.

Je pense que la première étape, quand on s’interroge sincèrement sur sa propre capacité à devenir parent, c’est abandonner l’idée qu’il existe une sorte de Parent Ultime, parfait, qui n’a jamais été injuste, dont l’enfant n’a jamais été triste ou déçu, qui n’a besoin que de deux heures de sommeil par nuit, qui anticipe tout, prépare des sorties extraordinaires où tout se passe bien, sait désamorcer les conflits avant même qu’ils ne se développent et dont le simple toucher débouche le nez des plus jeunes. Ce parent est une fiction, et croire qu’on doit atteindre le standard qu’il représente, qu’on doit même essayer de l’émuler, est le début de la folie.

 

Je vais à présent révéler à mon lecteur un double secret acquis au cours de quinze années de travail dans le domaine de la petite enfance : aucun parent n’a la moindre idée de ce qu’il est en train de faire. Aucun. Et le pire ? C’est le deuxième secret : dans la grande majorité des cas, les enfants s’en tirent très bien.

Oh, les parents disent qu’ils suivent telle ou telle philosophie éducative, et ils ont tout de même des lignes directrices. À peu près tout le monde s’accorde à penser que c’est cool quand les enfants utilisent « merci » et « s’il vous plaît », par exemple, et ne manifestent pas de cruauté envers les petits animaux. Et pas mal de gens considèrent qu’il faudrait idéalement que les enfants puissent jouer en extérieur, et que leur taper dessus n’est pas terrible. Mais en pratique ? Même cela n’est pas toujours respecté, et pour ce qui est des détails plus fins, c’est le bordel. Et la plupart du temps, les enfants s’en sortent pas mal, parce que tant que les parents ne sont pas activement toxiques, négligents ou maltraitants, il est possible de s’y adapter.

 

Ayant abordé ces notions introductives, je laisse ici mon lecteur et le retrouverai la semaine prochaine pour aborder des points plus concrets.

 

 

[1]Je ne ferai ici pas de distinctions entre enfants biologiques ou adoptifs, considérant qu’il n’y en a pas tant que cela dans l’angle que je prends. Il va néanmoins sans dire qu’une personne neurodivergente pourrait rencontrer bien plus d’obstacles qu’une personne neurotypique si elle désirait se lancer dans un processus d’adoption. Parfois j’utiliserai « se reproduire » comme synonyme « d’avoir des enfants », ce qui n’est pas vraiment compatible avec l’adoption, mais c’est uniquement pour éviter les répétitions.

[2]Ou pas plus mal que le parent lambda, ce qui revient au même.

[3]Peut-être qu’ils mettront de l’ananas sur leurs pizzas, après tout.

[4]Et la réponse, je le dis tout de suite, sera une variation sur le thème de « ça dépend », que mon lecteur se prépare.


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